Coat Men : Scandale en eaux troubles

 

Répertoriée dans les 25 plus belles promenades des Côtes d’Armor par la revue « les sentiers d’Émilie  en  Côtes d’Armor », la vallée des  Forges en  BOURBRIAC est dans le périmètre de ’’l’institut  des paysages  et des bonnes pratiques’’ que l’association  les ‘’ Lieux  Mouvants’’  veut créer à  St Antoine en LANRIVAIN.

En 3 kilomètres, cette vallée étale une richesse exceptionnelle entièrement tournée vers l’eau et son patrimoine associé :
– Un moulin et une ancienne pisciculture d’État dite de COAT-MEN,  pionnière en France en matière d’alevinage avec ses annexes du début XXème siècle,’’ sa cuisine aux alevins’’.
– Une motte féodale, vestige d’une forteresse médiévale datant du VI° siècle, propriété du Roi Deroch, Roi de la Domnonée.
– La chapelle de BODFO et sa fontaine curative.
– Le moulin des Forges flanqué d’infrastructures voisines (salle polyvalente, plan d’eau initialement prévu dans le PLU pour la baignade, les loisirs, le camping, les départs de randonnées).
– Une ancienne carrière dite de TOURNEMINE au passé sidérurgique.
– Le bois de COAT- LIOU avec sa tour, son ‘’rocher aux boucs’’, ses sources et ses tourbières, classé ZNIEFF …

LE SCANDALE DE COAT MEN

Il s’agit de la vente par des élus du domaine d’État de Coat Men : L’État n’ayant pas vocation à sa gestion, l’a rétrocédé à des fins de mise aux normes d’exploitation et de gestion des Utilités Publiques à un établissement Public, association loi 1901, partenaire de l’Eau et de l’Environnement et partie civile dans les infractions environnementales…

Moyennant une plus-value de 1400 p.cent (!), la pisciculture de Coat Men a été désaffectée, puis transférée de façon discrète, privative et privée, avec la complicité des élus responsables.

Ce domaine public inclut un ruisseau, une retenue d’eau, un accès à la vallée, à la motte féodale et ses chemins de ronde, itinéraire de randonnée confisqué pour la cause entre les 2  villages d’Allée Coat Men et des Forges.

Le Code Général de la propriété des personnes publiques  stipule que le passage d’un bien du public au privé exige d’abord une désaffection associée à un acte de déclassement, ce qui permet aux collectivités locales et aux comités de bassins la possibilité de faire valoir l’utilité publique.  Or, ce document absent, la vente était nulle de droit de façon imprescriptible !

Cette vente privée illégale a été suivie de travaux sans autorisation, ni référence à la loi Bouchardeau sur la protection de l’environnement : Vidange, agrandissement de l’étang, destruction de frayères, clapage des boues en aval, comblement de zones humides, impacts sur les sources et sur le périmètre de la motte féodale, destruction d’une chaussée en terre qui permettait l’alimentation du bief et un débit réservé. Enfin, un barrage en béton (privé) fut édifié également sans permis au mépris des normes de sécurité et qui, à lui seul, règle la masse et la hauteur d’eau, la continuité ou non du cours d’eau.

Tout ça en pleine ZNIEFF, sans aucun contrôle de police, au mépris du SAGE (Schéma d’Aménagement Général des Eaux).

Le moulin de Coat Men, son plan d’eau et ses annexes auraient pu être restaurés au bénéfice de la Biodiversité et, par un cercle vertueux, susciter fierté et engouement pour la promotion de la vallée au sein du nouveau Territoire GP3A…

Il n’en sera rien à cause de ces dégradations qui inspirent agacements, amertume, honte du Territoire. Dans cet espace remarquable, la richesse de la nature et du patrimoine est moins contrariée par les activités agricoles que par ceux à qui a été confié la mission et l’honneur de la défendre…

François LEGROS, vice-président FAPEL22

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *