Affaires courantes

La presse rapporte la pollution des coquillages de la baie de Paimpol, ville pilote en matière de pollution. On voit que le Maire fait ce qu’il faut pour offrir un label fécal aux huîtres et perpétuer son « miracle paimpolais ». C’est une récurrence, et vu le sujet, il y a de la pudeur à en faire état : Avant il fallait donc éplucher les dossiers IFREMER pour en savoir plus. De son côté, la DAS n’a jamais répondu à nos demandes de statistiques sur les intoxications par les fruits de mer. A priori, très peu de malades (ou de médecins) donnent l’alerte, a fortiori ceux qui en meurent… Dans ce « casus belli », le citoyen a un devoir de curiosité.

Qu’aujourd’hui la presse locale en fasse état est donc surprenant. Mais, propagande oblige, la contamination résulterait de l’insuffisance d’extension du tout à l’égout. Il faudrait donc aller équiper le fin fond des campagnes criminelles ! On y croit au progrès, on y croit ! Les alertes indépendantes, quant à elles, ne sont pas relayées (Ouest France est le seul à s’être fait notre écho)… Les ostréiculteurs, eux, savent, mais ne demandent pas de comptes aux politiques tant que les consommateurs gobent leurs douzaines. Mais quand une mauvaise presse impacte leur business, ils vont manifester, comme tous ceux qui n’ont aucun scrupule à sacrifier la population sur l’autel des emplois.

5 % seulement de la contamination environnementale est due aux fosses septiques défectueuses, 80 % aux collectivités et à l’agriculture. La logique sanitaire passe donc par le développement de l’assainissement individuel. Le tout à l’égout avec sa STEP (Station d’épuration Principale), infiniment moins efficient que l’ensemble des stations individuelles, est une supercherie. Il devrait être limité aux villes, privées par nature de l’espace nécessaire aux stations privées. Les subventions de l’agence de l’eau devraient donc servir à préserver les zones humides et favoriser l’épuration individuelle et non à financer la destruction du bocage.

Alors, Pourquoi ceux qui sont censés défendre l’intérêt général s’acharnent-ils, une fois élus, à imposer aux usagers un système ruineux et notoirement inefficace ? N’est-ce pas révoltant d’être obligé de se brancher au réseau quand votre station individuelle marche bien ? L’envahissement de la campagne par le tout à l’égout n’a de raison que celles du racket et du pillage. Il est l’alibi de l’expansion urbaine, le robinet des taxes, le court-circuit vers les poches des lobbies, le cheval de Troyes d’un système qui conspire à faire légaliser ses intérêts. C’est ainsi que de cadeaux en services rendus, les subventions de l’agence de l’eau sont détournées de leurs destinations, et c’est comme ça qu’en dépit des maux de ventres, on veut nous faire croire à la solution des pelleteuses et du tout tuyau…

Le vrai problème est politique : Pour le profit des copains et de ceux qui les autorisent., on comble les zones humides, on rase les talus et les arbres, on urbanise les surfaces agricoles, et tout commence par l’eau courante et le tout à l’égout obligatoires, et, en somme, par nos votes en faveur d’une collusion mafieuse.

C’est vrai que nous aimons moins la vérité que les belles paroles, et quand les huîtres nous rendent malades, c’est étonnant comme le rictus tiré par les épreintes peut mimer un sourire d’approbation servile… La véritable station d’épuration, en vérité ce sont les huîtres, et admettre gober de la merde par gourmandise, c’est insupportable ! Alors, c’est tellement plus confortable de censurer les vérités qui dérangent… jusqu’aux tripes.

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