Les vieilles pierres contre le talibéton armé

Les talibans, Daesh, etc. des « vandales » font sauter des pans de la civilisation, la mémoire des peuples, classés Patrimoine Mondial . On les taxe de « barbares », c’est à dire qu’ils n’ont jamais eu accès à la « connaissance », à la moindre éducation, ne parlons pas du respect du « Sacré » puisque tout le monde, et particulièrement en France, confond le Sacré avec le religieux.

Qu’est-ce que le Sacré ? c’est ce qui ne correspond pas, dans l’homme à « la bête », ce qui est juste au-dessus, ce qui est élevé, donc ce qui est le contraire de « profane », ce qui est du domaine de l’amour. Ce peut être ce sentiment qui vous emporte tellement plus haut que les besoins matériels, que vous portez à vos parents, une compagne ou un compagnon particulièrement chéri, à vos enfants, à un art, une spiritualité… ce sentiment qui vous permet de vous dépasser et repousser vos limites humaines.

Le profane ne se néglige pas pour autant, l’humain en a besoin : faire la fête, un bon dîner entre amis… nous en manquons sérieusement ces temps-ci. Il y avait des musiques pour cela, il y a très longtemps, du temps où il n’y avait aucune séparation entre l’Église et l’État (en France) ; du temps où il y avait cette limite entre le Sacré et le Profane, du temps où chacun avait « sa musique » appropriée sans jamais se faire la guerre, du temps où l’on savait qu’en l’homme, il y avait la bête et l’ange et que nous avions une fonction : faire la jonction entre le monde visible et le monde invisible.
C’est notre rôle dans le hiérarchie de la création

Monde minéral, végétal, animal, humain, après, l’immatériel et si on parle « ange » le bouclier anticlérical va monter au créneau puisque c’est connoté « catho »… alors, dans notre beau pays de Liberté… on se tait.

Sur notre territoire, soi-disant protégé des barbares, on se livre aux mêmes exactions que ceux qu’on stigmatise du mot « sauvage », et la pelleteuse rase à tout va nos églises médiévales à crocs que veux-tu. Il semble que l’État ne veuille plus financer la restauration ou l’entretien de nos édifices, mais dépenser sans compter pour les mosquées et faire venir les « migrants » pour les remplir, tous mâles et célibataires viennent en Europe pour tuer, violer… La « crise » n’est qu’un alibi… en fait, une lecture « éveillée » conduit à comprendre que l’État finit le boulot des « sans culottes », qu’il refuse de voir notre pays porter des fruits autres que des esclaves malléables, car sans mémoire. A couper les racines d’un arbre… et souvent aussi le tronc… comment peut-on espérer des fruits autres que dupliqués dans une couveuse ne reproduisant que des clones. Serions-nous dupes, ou pire, volontaires ?

La « COP 21 » et si on en parlait avec un regard différent : Reprenons la légende de la ville d’Ys qui aurait été submergée par les flots, la princesse Dahut, avec sa vie amoureuse dissolue, ayant fâché Saint Corentin au point qu’il a demandé aux eaux de submerger le royaume du roi Gradelon, son père. Ce résumé est extrême. Dans la tradition orale, beaucoup se souviennent d’un point de tradition orale qui mentionne que Dahut, fille du roi Gradelon, s’enfuit de la ville d’Ys et, pour se venger de son père, fait faire un quart de tour à un menhir ; ce qui a pour conséquence d’ouvrir des vannes, ôter la protection qui avait été mise par des druides…

Question spéciale à cette lumière : «  et si les menhirs étaient des aiguilles d’acupunctures mises sur des méridiens de la terre pour la « réguler » comme la médecine chinoise le fait sur les corps humains. Alors, si chaque fois qu’on couche un menhir, on détruisait l’équilibre qui avait été souhaité, voulu, engendré. Ce qui veut dire que, chaque fois qu’on détruit un menhir pour cultiver un peu plus de terre, on détruisait son équilibre et sa fécondité. Même au plan symbolique peut-être aurions-nous une première piste de réflexion…

Que savons nous des Menhirs, des Dolmens… on admire, on suppute. Notre civilisation est centrée sur une forme d’esthétique hallucinante. Il faudrait se reporter des siècles en arrière pour comprendre …

Prenons une cafetière : tout le monde actuel sait à quoi il sert. Dans deux siècles peut-être pas. On regardera son allure sa décoration ; on mettra sous vitrine la merveille sans JAMAIS se demander « à quoi ça sert ». C’est ce qu’on fait aujourd’hui : on observe, on analyse, on décortique, on met sous vitrine, on casse le reste… Le jour où tous les crânes de cristal vont se connecter, le musée du quai Branly va avoir un sacré problème : on met en vitrine des « objets » qu’on trouve jolis, « intéressants » témoins d’un passé… mais si c’étaient des ustensiles qui ne demandent qu’à fonctionner à nouveau ?

Que savons nous vraiment des constructions médiévales ? Rien ou si peu. Moyen-Age… âge moyen entre l’antiquité et le « monde moderne »… transition… obscurantisme. Et si c’était l’inverse ? Avec notre regard du XXI° siècle ébloui par le CAC 40, le FMI, le budget de la Grèce et de la France… comment comprendre qu’on n’ait plus cette richesse qui faisait élever des cathédrales ? On a régressé jusqu’à ne pouvoir maintenir en état , au XXI° siècle ce de que des compagnons francs-maçons avaient édifié au XII° siècle. Quel progrès !

Les guerres d’Italie, au début du XVI° siècle, avaient permis la découverte de l’Antiquité romaine et déclenché ce qu’on nomme « les grandes découvertes », soit une démarche scientifique contre la démarche empirique qui était la règle jusque-là. La démarche médiévale disparaît alors et cette période est nommée « Moyen-Age »…soit âge moyen entre l’Antiquité et la Renaissance.

On occulte que, si le peuple se basait sur des connaissances empiriques, l’organisation médiévale laissait à certaines classes, dont les compagnons, les maîtres d’oeuvre, le clergé aussi les études scientifiques. Les manuscrits du Mont St Michel, de l’abbaye de St Gall, etc… sont éloquentes à ce sujet. Obscurantisme !

La Renaissance va permettre à chacun d’avoir accès à toutes connaissances. Nous sommes toujours dans cette logique.

Lorsque vers 1830, en France, poussé par le romantisme, naît un mouvement pour la restauration du patrimoine médiéval, il est resté majoritairement debout. Tels les talibans, la Révolution française a pourtant défiguré les anges, martelé les blasons, transformé les sanctuaires en écuries ou en réserves à fourrage. Les ruines inspirant tant d’artistes, on va écrouler encore un peu ce qui a bravé tant de siècles.

Les barbares d’aujourd’hui transmettent ce funeste héritage…

Grâce à Victor Hugo (lire « guerre aux démolisseurs ») les « Monuments Historiques » sont créés. Prosper Mérimée en devient le directeur (1834). C’est lui qui va recenser les monuments de notre territoire et convier à un jeune architecte, le seul qui va accepter le défi du premier chantier : la Madeleine de Vézelay, les restaurations qui s’imposent. A eux, nous devons le Mont saint Michel, Carcassonne, Notre Dame de Paris, Saint Denis, etc. et surtout, l’étude des procédés de construction. Cela va commencer par les relevés des décorations, des plans, de l’aspect extérieur ; un travail énorme pour retrouver les secrets de bâtisseurs qui n’ont laissé pratiquement aucun écrit, tout leur savoir étant inscrit dans la pierre, dans le sol, dans le sous-sol. Et ce qui est remarquable, c’est qu’ils n’ont pas été reconstruits, ces monuments, malgré les siècles sans entretien, malgré les sévices, les guerres, la haine destructrice de la Révolution : ils ont été restaurés ET, qu’entre 1830 et 2000, la France a eu assez d’argent pour mener ces chantiers, et ce, malgré la loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905…

A force de se pencher sur cette architecture, peu à peu sa complexité de mise en œuvre et de réalisation s’est révélée et on commence seulement à en percevoir la portée. Alors il est temps de les détruire… ou alors, gêneraient-ils par leur puissance de fonctionnement, car certains chercheurs font le parallèle entre les pyramides d’Egypte et les chapelles, églises ou cathédrales qu’on dit chrétiennes et sont édifiées sur les restes de temples qu’on dit païens… sur des lieux « SACRES », donc.

On pourrait oser, surtout en observant la façade Ouest de la cathédrale du Mans qui a gardé, accolé à la base de la tour droite un admirable menhir, donc on pourrait poser l’hypothèse que chaque flèche, chaque tour pourrait être un menhir… ou une aiguille d’acupuncture régulatrice d’une perturbation géologique ; qu’une nef pourrait être un dolmen géant, peut-être un amplificateur de ce qui doit se passer à l’intérieur les vitraux destinés à émettre des longueurs d’ondes s’accordant normalement à une musique qui, jusqu’à Vatican II (1962-1965), était de la musique « sacrée » qui avait été codifiée depuis l’époque de Charlemagne.

Menhir_Cathédrale_du_Mans

Dans les procédés de construction, certains géobiologistes ont démontré que le quadrillage de réseau Hartmann est distendu, laissant la nef libre de ce maillage qui se trouve calé par les piliers. Ce « calme »provoqué à l’intérieur par l’architecture, repousserait à l’extérieur des défenses… cela paraît très romantique, mais beaucoup moins si on visite attentivement Aix-la-Chapelle, la Capitale de Charlemagne. Cette ville a été pratiquement entièrement détruite pendant la dernière guerre. Seules subsistent, intactes, la chapelle Palatine dans un Palais qui a été détruit en grande partie et l’église gothique qui, pourtant, a reçu un obus en plein chœur… qui est resté inerte.

aix la chapelle 1944

Il est à noter qu’à quelques exceptions près, jusqu’à l’épisode atroce d’Oradour-sur-Glane, l’enceinte de l’église, cimetière compris, était lieu inviolable ou chacun pouvait trouver refuge sans y être jamais inquiété. L’assassinat de Thomas Beckett a eu cet impact pour avoir été perpétré dans l’enceinte protégée.

On peut observer que sous chacun de ces édifices coule une rivière souterraine symbolisant le Jourdain. Si l’on se réfère aux travaux du Docteur Benvéniste (homéopathie basée sur la mémoire de l’eau) confirmés par le travail des photos des cristaux d’eau de Masaru Emoto, on ne peut que songer au rôle effectif qu’avait le « bénédicité » qui était dit avant chaque repas dans beaucoup de familles jusqu’au milieu XX° siècle, rôle bien plus important sur le cours d’eau souterrain d’un édifice sacré. Lors des offices, tout était agencé pour que l’officiant permette à tous les participants de sortir de l’ordinaire, de dépasser la « bête » que possède chacun de nous et nous permet d’œuvrer dans la matière, pour lui redonner sa dimension sacrée.

On peut ajouter que, dans le clocher de chaque église, une cloche faite d’un alliage particulier : l’airain, on sonnait l’angélus matin, midi et soir. A Java et à Bali, le gamelan est fait du même alliage et sert à la « purification du pays » et on le dit. L’angélus devait bien avoir la même fonction de chasser tout ce qui était néfaste alentour de l’habitat des hommes, tout comme le clocher muni d’un paratonnerre captait les perturbations cosmiques dont la foudre, protégeant ainsi les maisons habitées.

L’inverse de « sacré » est : « massacré ». Sait-on exactement ce qu’on détruit en passant une église médiévale au bulldozer ? L’approuverions nous pour une pyramide égyptienne, nous qui avons un si beau département d’antiquités au Louvre ?

Une église néo-gothique datant du XIX° siècle n’est qu’une copie extérieure décorative et ne met pas en œuvre les découvertes qu’on a faites peu à peu, au fil des restaurations. Pourtant, il s’agit de l’argent de contribuables français que des élus décident de dilapider sans leur demander leur avis.

Pourquoi détruire ce que l’État a voulu relever et a entretenu depuis 1830 ?

Ces édifices seraient-ils trop puissants, trop riches en mémoire, en symboles, en espérance ?

Comment croire que la richesse produite par les hommes s’amenuise ridiculement et à ce point ?
Il est temps de se demander si nous ne reculons pas et mesurons l’appauvrissement entre 2016 et 1830.

Nous serait-il possible actuellement d’envisager la construction des cathédrales au rythme où elles sont sorties de terre en un siècle: 1120 : Autun, 1126: Evreux, 1134 : Chartres, 1135 : Sens, 1140 : Saint Denis, 1145 : Noyon, 1146 : St Malo, 1150 : Angers, 1155 : Laon et Poiriers, 1163 : Paris, 1175 : Maux, 1176 : Soissons et Strasbourg, 1180 : Lyon, 1185 : Clermont-Ferrand, Notre Dame du Port, 1195 : Bourges, 1200 : Troyes, 1203 : Dol, 1210 : Sées, 1211 : Reims,1220 : Amiens.

Ne serait-il pas temps de s’interroger sur ce que nous nommons « progrès ».

Hildegarde/01/2016

article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *