Sources et édifices sacrés (Chroniques d’Hildegarde)

Les saints évangélisateurs de la Bretagne (V-VI° siècle) viennent tous d’Angleterre (Pays de Galles) ou d’Irlande. C’est un fait qui se retrouve aussi bien dans la tradition populaire (Tro Breiz, fontaine des 7 saints) que dans les écrits d’érudits, historiens, du clergé… Or, les apôtres du Christ sont surtout connus pour avoir évangélisé le pourtour méditerranéen. Il est vrai que des siècles ont passé… cependant, on peut se poser la question : qui sont donc exactement ces moines évangélisateurs, «chassés» par les invasions des Angles et des Saxons, traversant la Manche ?

Il y a fort à parier qu’ils étaient druides…

En quoi a donc consisté leur mission d’évangélisation ? Il paraît alors intéressant de relier le druidisme et le christianisme, puisque après tout religion a bien cette signification en les considérant comme spiritualité au lieu de les opposer : «croyances païennes contre religion». Alors, on ne parlerait plus de «menhirs christianisés». On pourrait aussi envisager que ces «évangélisateurs» ont «mis à jour» le druidisme, y englobant le christianisme nouveau, les reliant et, ainsi, l’étendant… très certainement comme l’empereur Constantin, deux ou trois siècle auparavant, avait englobé les fêtes dites païennes dans le calendrier grégorien qui nous permet de fêter Noël au cœur des nuits les plus longues… pour notre partie du monde.

C’est la seule hypothèse qui expliquerait que la clairière sacrée de la forêt des Carnutes, un des sanctuaires druidiques les plus sacrés, n’ait pas été prise de force, achetée, confisquée et que, naturellement, ait été édifiée la plus belle Cathédrale au monde, Chartres, abritant le puits druidique «des Saints Forts».

S’il y avait eu ce «divorce» qu’on a essayé de nous inculquer (paganisme contre religion), il est évident que la construction de la Cathédrale aurait effacé toute trace d’impiété et que le puits aurait disparu… comme ils l’auraient été aussi à Dol, Sées, L’Epine, etc… L’admirable Menhir de Saint Julien du Mans ne reposerait pas à l’extérieur, au vu de tous, posé à l’angle Sud-Ouest de la façace, comme s’il en était le gardien. Les druides n’ont laissé aucun enseignement écrit, pas plus que le Christ ou Mahomet… tout le monde sait pourtant quelle place à la Nature et le cosmos dans leur spiritualité… tout comme chez les indiens, ces «sauvages», quelle place particulière a l’eau. Eau purificatrice, eau de renaissance : «qui ne renaît de l’eau…». Oui, bien avant les travaux de scientifiques tel qu’Alexis Carel ou Jacques Benveniste, on savait que l’eau avait une mémoire, que les molécules la composant pouvait changer de structure en fonction des minéraux qui en tapissent son lit, des végétaux ou minéraux qui y reposent, certainement des animaux qui y vivent aussi. L’homéopathie repose sur cette mémoire et le chercheur Masaru Emoto a enfin trouvé le moyen de photographier des cristaux d’eau en la faisant geler : eau polluée, eau du robinet, eau de Lourdes, mais aussi l’eau qui a gardé le mémoire d’un morceau de J.S.Bach ou d’un mot d’amour qui devrait nous interroger, entre autres, sur la coutume entièrement «passée de mode» du bénédicité avant le repas : quelle en était la fonction exacte ? changer l’état de l’eau, y compris celle contenue dans nos aliments et par là même dans nos corps aussi…

Alors, que penser des églises transformées en mosquées et que « charriera » l’eau non encore drainée passant dans leur sous-sol ? L’Islam a toujours utilisé l’empoisonnement des puits dans ses « armes de guerre » ; ce peut être sans produits chimiques, de façon totalement indétectable. Pour en revenir aux édifices sacrés, aux puits des cathédrales, de plus en plus de géobiologistes se penchent sur leur localisation, la composition du sous-sol et tous constatent que, jusqu’à la plus humble des chapelles, tous les édifices sacrés élevés au moins jusqu’à la fin du Moyen-Age sont édifiés sur un cours d’eau souterrain ou possède une source « fondatrice ». Il est important de noter que, dans tous ces édifices, on retrouve des traces de sanctuaires bien plus anciens jusqu’à des temples consacrés à des « dieux païens ».

L’emplacement d’une chapelle ne peut donc plus être considérée comme une volonté « chrétienne cultuelle », mais on est porté à considérer qu’elle marque un emplacement sacré depuis la nuit des temps, et si un cours d’eau lui est attaché, il faut se poser la question de savoir s’il ne fait pas partie de l’édifice en un emplacement privilégié où se rencontrent les forces du cosmos pour le bien spirituel de l’homme, de toute éternité.

L’eau y aurait donc une place extrêmement importante, elle comme sa mémoire. A la lumière des recherches récentes citées plus haut, l’eau qui nous purifie ne le serait-t-elle pas, dans un mode plus subtil par les paroles et des chants sacrés résonnant dans la structure placée au-dessus d’elle, depuis la nuit des temps et à quelque «religion» qu’elle appartienne? Quelle bénédiction ce pouvait être,une telle «station d’épuration»… elle n’empêchait certes pas les microbes et bactéries ; elle permettait cependant les guérisons. Quel rêve ce serait d’ajouter notre savoir faire scientifique qui sait à présent éradiquer l’impureté bactériologique d’y retrouver l’idée d’une purification beaucoup plus subtile et spirituelle… La «civilisation», peu à peu, nous a fait perdre ces notions sacrées (pas forcément religieuses). Elle nous mène à considérer la Nature comme un bien de consommation ; normal, puisqu’on la paye ! Taux de nitrates, analyses en tous genres… qui se penche encore sur sa mémoire? Qui la remercie encore d’être sur notre table ? Pour revenir à nos chapelles, nos églises, il est vrai presque toutes fermées pour éviter les vols et le vandalisme, mais souvent ouvertes pour les offices, combien de sources, combien de cours d’eau souterrains sont encore en place, pour les édifices anciens car, à partir du XIX° siècle, dit de l’industrialisation, les édifices élevés ailleurs que sur l’emplacement d’un ancien sanctuaire, ne trouve plus trace de ces éléments… Tous les cours d’eau ont été bétonnés, drainés, bouchés, déviés… « pour éviter l’humidité, les infiltrations »… comme si une église ou une chapelle était une maison d’habitation et l’eau se trouvant sur l’évier ou coulant de la douche pour nous débarrasser de notre crasse !!! sans compter que peu de nos maisons modernes se trouveront encore debout dans 8 siècles… Comment peut-on emprisonner l’eau ? Muselée, drainée, souillée, refoulée, de toutes façons, la société aura beau faire, jamais elle ne l’empêchera de couler. L’homme, dans sa modernité, montre un orgueil insensé vis à vis de la Nature comme vis à vis du Sacré dont il semble avoir perdu toute notion : le Sacré «ce qui est précieux pour l’homme», qu’il ne peut maîtriser, mais lui est donné : maîtrise-t-on l’amour (dont tant d’humains hurlent le manque) ou l’inspiration?… Pourquoi ce désespoir et cette incompréhension, ces pétitions adressées aux instances dirigeantes… et l’augmentation des assurances devant les ravages des inondations à répétition ? Voitures emportés par des cours d’eau devenus furieux, ces villes ravagées de coulées de boue, ces maisons, fruit de vies de travail, destinées à la destruction… Lotissements en zones inondables, en zones humides, imperméabilisation des sols, sources bouchées, détournées…

En reprenant la Bible, qu’il est reposant de considérer plus comme un livre de Sagesse qu’un livre de telle ou telle confession religieuse, Dieu confie la création à Adam pour en être le « jardinier ». L’homme se conduit en « dompteur », en maître absolu, en souverain consommateur et surtout, il oublie. La sagesse voudrait qu’à mesure qu’il progresse, il n’oublie jamais le bien fondé et la signification du passé et qu’il améliore, tout en en tenant compte. «A oublier le passé, l’homme se contraint à le recommencer» (Marx) Quand allons nous enfin avancer, avancer réellement? Si nos druides évangélisateurs revenaient, ils seraient certainement horrifiés de voir les toilettes publiques si souvent adossées aux églises et chapelles, profitant de la source sacrée pour effacer nos immondices, ils demanderaient à quel culte sont vouées les sortes de cathédrales immenses, translucides,illuminées toute la nuit qui fleurissent contre d’autres sources, la pompant à loisir… « des couveuses géantes à tomates ou autres légumes » ils se révolteraient certainement, malgré leur philosophie, de voir des terrains gorgés de sources équipés de canalisations pour le« viabiliser» le vendre pour y construire des maisons qui, après avoir imperméabilisé une partie de la surface, rejettera les eaux usées « de la ville » en plus de son eau propre. Nul doute que nous devions retrouver d’urgence la mémoire, sans à priori. Restaurons les sources de nos chapelles, de nos églises: elles en font partie intégrante. Laissons les passer dessous, comme elles le font depuis des siècle ; laissons les librement régulièrement lessiver, l’hiver le rez-de chaussée des moulins inondables dallés d’ardoise exactement pour ça. Retrouvons enfin la mémoire, le respect aussi; ajoutons-y nos progrès scientifiques rassemblons enfin les constatations empiriques et les démonstrations scientifiques; Si le religieux nous gêne, considérons le sens du sacré ; la Liberté pourrait bien en faire partie, tout comme la Fraternité, au même titre que l’amour et le respect…

Nous pourrions faire de ce monde un merveilleux…

jardin Hildegarde

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