La dynastie des Lemmings

Sur sa colonne médiatique, l’élu Paimpolais « informe » : Puisqu’un « village ostréicole » ne peut plus squatter l’espace remarquable de notre littoral, eh bien en guise de représailles on va terrasser la grève pour y stocker les huîtres… Et na ! Du coup, on réalise que, village ostréicole ou pas, ces zones étaient au programme de toute façon, car, illicites ou pas, elles faciliteraient les trafics…

En Amazonie ou ici, les exploiteurs expulsent ou éliminent les indigènes comme le font les coucous… Ainsi, nos pêcheurs à pied sont un peu plus chassés, les conflits avec les marins et plaisanciers aussi constants que les déchets sur les grèves et les quais, les trafics routiers brisent la tranquillité des riverains et des touristes, écrasent la faune protégée et, tant qu’à faire, la réputation paimpolaise de plateforme notoire pour le trafic de drogues s’élargit grâce aux contaminations interbassins…

Et quand le pouvoir invite la population à ces fameuses « réunions d’informations », il ne souhaite pas son avis dans la concertation, mais plutôt expliquer en filigranes comment il va lui mettre profond avec la vaseline de l’intérêt général. Ce que l’élu veut, c’est l’adhésion muette, l’approbation implicite, une résignation éclairée. En somme, il rappelle que la démocratie, dans le fond, c’est avaler et se taire… Tout comme en Amazonie et en Asie, il donne le choix entre la soumission ou l’assaut « bulldozer militari »… et il n’est désormais plus un seul jour où l’écran n’informe sur le bilan planétaire désastreux de ses opérations mafieuses…

Et la planète s’échauffe… et les irréductibles bretons résistent, et le cartel s’accroche comme une lèpre. Cautionnée par nos propres élus et convaincue de son impunité, sa mafia veut disposer de notre patrimoine naturel.

Au service des minorités influentes, le pouvoir cherche à industrialiser les cultures, à rationaliser la production de masse, et ce quoi qu’il en coûte, pourvu que ça profite au système et que le système lui renvoie l’ascenseur… A notre niveau en l’occurrence, puisque le littoral de Marennes-Oléron est désormais saccagé, le rivage breton s’avère un Far West providentiel. À Plougrescant une pétition circule. Là-bas aussi tout le monde en a marre. Paimpol n’est pas seul …

Motivés par des intérêts privés, ces élus usent et abusent de toutes les ficelles médiatiques, juridiques et politico-administratives pour imposer leurs projets. Ayant la vue aussi courte que leurs carrières, il leur faut intriguer à qui mieux-mieux. Bien entendu, il faut mentionner la complicité notoire de certains fonctionnaires… C’est ainsi que nos poumons amazoniens brûlent, et qu’ici nos eaux, trustées par les égouts, charrient les toxiques recyclés plus bas par des huîtres malades…

Quand on sait ça, alors pourquoi et pour qui vote-t-on au bout du compte ? Les élus ne doivent rien aux électeurs, mais à ceux qui les font élire… alors, ils « informent »…Comment peut-on encore en toute conscience acheter du bois exotique, tartiner du Nutella ou gober les yeux fermés  des fruits de mer contaminés engraissés aux nitrates et, au bout du compte, alimenter la cause de nos problèmes ?

C’est vrai qu’un suicide isolé traduit une issue désespérée, mais aller à la Kermesse pour défoncer tous ensemble la boite de Pandore, c’est tellement plus fascinant ! Tels des lemmings avides et affamés, les politiques nous précipitent tout droit vers le gouffre sans fond de l’intérêt général…

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