Requiem pour le patrimoine

Un pas beau matin, les loguiviens ont vu une grue surplomber leur calvaire. Le spectre foncier hantait le havre chrétien. Le port de Loguivy de la Mer, port pécheur, ne serait plus abri ? Ils ont interpellé illico l’autorité temporelle, mais si le Maire avait changé, la mairie restait mairie. Alors, ils se sont tournés vers « AMIs », sauveteur de maisons en naufrage. Aussi, se faisant prier, AMIs entra en croisade contre l’association diocésaine de Saint Brieuc. Ça n’aurait pas du se passer comme ça, car même si « AMIs » est censurée par la Presse, elle n’est pas pour autant possédée par la vindicte. S’il en était autrement, une de ses membres influents, qui va bientôt voir le Pape à Rome, n’aurait pas été partante.

Il n’était dons pas question de croiser contre la sainte mère (les puissances du mal s’en chargent). Mais si l’action du clergé n’est pas en cause, il ne devrait pas montrer que sa vocation spirituelle le tient au-dessus des lois. Un bon Chrétien ne doit pas être pris en défaut sur le plan civique, ni faire preuve de manque de considération, tant pour ses fidèles que dans le respect des impératifs sociaux. Alors, tout cela n’est-il qu’apparence, ou la lave incandescente de l’enfer immobilier pourlèche-t-il le calvaire ? AMIs n’aurait jamais crû devoir contrecarrer les oeuvres immobilières du seigneur. Il n’est pas d’usage de voir un édifice religieux érigé sans l’assentiment des croyants qui, du reste, s’acquittent du denier du culte. Violés dans leur pré carré spirituel, devant la supercherie accomplie, les fidèles s’insurgent. En effet, on n’est pas toujours le nez fourré sur l’affichage en mairie, et 9 mairies sur 10 ont péché en matière de stratégie de communication autant qu’en matière d’urbanisme. Les détours pernicieux des lois humaines font le reste. Les deux premiers points, tout à fait communs, ont été exploités par le diocèse, puisqu’il agit au mépris des fidèles, et que la publicité et les modalités de d’affichage sont plus que douteuses. Obscur, également, est l’objectif : Catéchisme ? À moins d’espérer une mutation en mosquée, il n’y a plus de fidèle pour garnir cet alibi. Logement ? Le curé n’est pas d’ici. Éminences en vacances ? Abri anti-infernal ? Placement ? a même hasardé la maire ? On lève les bras au ciel, on conjure les mauvais esprits ? Pour quoi faire, enfin, puisqu’il n’y a plus d’argent pour restaurer les saintes icônes ?

Voilà, mon dieu mon dieu mon dieu?

Pendant ce temps, le veau de béton émerge de terre. Est-ce conforme aux lois de la bible, mais opposé à celle des hommes ? Est-ce à la grâce de Dieu, quoiqu’en en dépit du bon sens ? Alors, AMIs a agi, faisant constater l’entorse à la loi, a pressé la mairie de trancher, prié enfin l’évêché de s’infléchir. Madame le Maire, nouvellement ordonnée, reçoit cette patate chaude dans les mains, c’est bien embarrassant. Il faut la comprendre : Elle se sent prise entre le goupillon et l’enclume, ne sait pas trancher, espérant gagner sans coup férir, puisque AMIs est quand même là pour engager son énergie et sa crédibilité. Côté aspersoir, l’archevêché nous a réservé le cérémonial dévolu aux ensorcelés : « Composer ? Pas question. Allez-y, faites-vous plaisir, nous sommes bien bordés et bien défendus ». Quid de l’aval des ouailles ? Des voix peu catholiques m’ont même confié qu’en Finistère on emmerdait les loguiviens. Quid de l’exemplarité ? Quid du dessein céleste ? Le ciel, à son tour, aurait-il, en plus du souci matériel, un problème de communication avec cette humanité dévoyée ?

Qui, à part le Malin, offrira l’exemple ou l’alternative ? Que Toutatis protège Loguivy-de-la-Mer. Quant à AMIs, il se battra avec son destin et vivra en paix avec sa conscience.

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