Avec nous le déluge

Les infos commentent des inondations récurrentes et plus nombreuses dans toute la France. Bien que l’on accuse le climat, il n’a échappé à personne que les catastrophes surviennent d’abord dans les axes humides les plus urbanisés. Ces déluges localisés, mais en voie de globalisation, n’ont rien de naturel ! Ils s’avèrent un des prix à payer à une économie mitonnée par les groupes de pression. Si cette évidence saute aux yeux, il est intéressant de considérer par quels mécanismes cette situation est aggravée de manière consciente et parfaitement cynique

Les inondations sont la résultante…

  • en premier lieu du remembrement qui a inauguré la PAC : Des millions d’arbres abattus, des milliards en espèces par le biais des groupes forestiers, des magouilles sordides et des drames en province, des agriculteurs privilégiés pour une majorité de laissés pour compte, des millions de km de talus détruits, pour agrandir les parcelles et faire passer de véritables engins de guerre anti-écologique. Résultat : Le système d’éponge constitué par le réseau du bocage et des forêts est détruit.
  • Du Drainage subventionné de plus de 85% des zones humides pour la culture, l’urbanisation, la voirie et le tout à l’égout. C’est la politique désastreuse du « tout tuyau »… Plus de dix millions de km en France ! Perte dramatique de S.A.U. (Surface Agricole Utile) : Du coup on instaure un cercle vicieux, car il faut intensifier encore plus les cultures sur les surfaces agricoles résiduelles.
  • Des Cultures intensives : la terre morte est friable et sujette à une érosion intense : Les inondations sont en fait des coulées de boue, la terre va envaser les baies (~ 6000 m3 /10 km²/an, faites le calcul sur 50 ans rien qu’en France).  En 50 ans d’innombrables parcelles sont ravalées jusqu’à l’argile, le sol n’est plus qu’un support stérile qui ne doit sa production qu’à un gavage de polluants… De plus :

ü       Les sillons sont tracés dans le sens de la pente sur d’immenses étendues.

ü       La loi « a minima » n’est pas respectée (garde-fous d’enherbement) : les tracteurs surdimensionnés jouent aux formules 1 jusqu’aux raz des ruisseaux, des voies publiques et des talus démolis.

ü       Destruction des chemins creux qui sont des régulateurs hydrologiques ancestraux.

ü       L’eau des toits part directement au ruisseau, érodant au passage les champs voisins et les chemins creux. Dans cette rubrique n’oublions pas les grandes surfaces et les Serres dont les surfaces énormes génèrent des torrents dans les champs et ruisseaux aval.

ü       La « Bitumite » aiguë : Les parkings, routes et autoroutes sont de gros pourvoyeurs d’eau pluviale polluée par lavage des hydrocarbures. Les élus ont poussé le bouchon jusqu’à bitumer énormément nos chemins creux, historiquement aménagés sur des cours d’eau.

  • De la confiscation et du comblement des points sourciers par les collectivités acoquinées avec les lobbies (VEOLIA, SUEZ, LYONNAISE, etc.). Le cas typique est l’Annexation des sources par les points de pompage relais du tout à l’égout, ce qui entraîne d’une part la pollution définitive de la nappe sourcière et d’autre part une augmentation du débit, du fait du drainage des nappes phréatiques le long des buses et des débordements récurrents des eaux usées. Autre grand classique est l’installation d’entreprises sur les têtes de bassins et les zones humides, avec artificialisation et pollutions consécutives… etc.
  • Dérégulation des cours d’eau : L’eau n’étant plus retenue, ni régulée au niveau des bocages, les eaux enflent rapidement et démesurément en périodes de pluie et se tarissent en périodes sèches. Pour éviter de s’attaquer aux causes primitives (la PAC !) et donc aux intérêts des lobbies, les autorités complices étendent le remembrement jusqu’aux lits des rivières et détruisent les biefs des moulins médiévaux !
  • Fraude, cynisme, conflits d’intérêts, et incroyable hypocrisie morale : L’angélisme des politiques, la censure de la plupart des médias sur les véritables causes et conséquences, les litanies et chantages corporatifs, tout cela traduit le déni d’une situation désastreuse par une minorité qui tire un profit à court terme et reporte les dépens sur la collectivité. Lobbies, élus et gros propriétaires terriens prospèrent sur la surexploitation et l’urbanisation. Trop de paysans incultes proclament « la terre ne vaut rien » ! Ce qui les incite à intriguer pour rendre leurs parcelles constructibles au lieu de préserver leur vocation de culture et de bocage. D’où l’inévitable opportuniste aux conseils municipaux. Pour faciliter cette mutation scandaleuse, le couple infernal « exploitant-élu » trafique le PLU et passe des accords mafieux avec les SAFER (qui traquent les terres, font preuve d’abus de pouvoir et de faiblesse, et harcèlent les petits propriétaires avec parfois la complicité d’un notaire !)  et avec les organismes de recensement des zones humides (qui ne recensent que ce que les élus leur désignent)…
  • Manipulation de l’opinion publique : Les élus organisent des réunions, des colloques où l’on produit des rapports truqués flanqués de bonnes intentions jamais suivies d’effet. Les critiques pertinentes sont éludées, car elles vont à l’opposé des intérêts économiques corporatistes et politiques. L’exemple caricatural de rapport est par exemple « Améliorer l’état écologique des cours d’eau » (ONEMA bassin Loire-Bretagne, 2012), qui justifie l’extension du remembrement à nos cours d’eau ! Les associations de protection de la nature sont marginalisées aux niveaux médiatique et politique (dont leurs exclusions par les maires des groupes de consultation des Zones humides), et de son côté le législateur s’évertue à leur barrer les recours en justice. Et quand une association réussit quand même à contrer un projet illégal, cent autres sont en cours…

Conséquences et Phénomènes associés :

– Lessivage des sols. Paupérisation dramatique et irréversible des terroirs et de la biodiversité. Regardez la couleur de l’eau des ruisseaux et celle de la Manche qui était cristalline avant l’érosion et la surpêche.

– Insalubrité : l’eau n’a plus le temps ni l’espace pour s’épurer dans les douves et les zones humides, elle arrive de ce fait directement aux ruisseaux et à la mer, chargée de polluants organiques et chimiques, bactériologiques, de métaux lourds et de boue.

–  Tarissement et pollution des nappes phréatiques : tarissement par pompage des nappes profondes et fuite des eaux superficielles. Pollutions par les phytosanitaires, les métaux lourds, les épandages de lisiers et par plus de 10 millions de km de drains en PVCle plastique le plus toxique jamais conçu.

–   Ecocide, dont les conséquences économiques sont incalculables. Exemples : Insectes, batraciens et oiseaux disparaissent, les anguilles et autres migrateurs ne peuvent plus remonter les cours d’eau à cause des débits perturbés, de la pollution, de l’érosion, des obstacles et des comblements sourciers…

–   Maladies et problèmes sanitaires sur les poissons et crustacés, et par ricochet sur les humains. Notez qu’il est impossible de se procurer les statistiques des pathologies liées à la pollution des eaux littorales, emplois de la filière aquacole obliges !

–  Coûts sociaux et humains énormes : Profits privés pour des pertes socialisées : Exploitants affairistes, vendeurs d’engins, banques, coopératives, politiques, grandes surfaces, entreprises de terrassement continuent à profiter du remembrement. La production a augmenté, mais la pollution et le gaspillage aussi, et quel bilan au bout du compte ? Les dégâts économiques et écologiques sont énormes, et si quelques filières en profitent, c’est aux dépens de tout le monde.

– Perturbations climatiques : Il y a corrélation et interdépendance entre les flux hydrologiques et aériens. Les arbres coupés ne retiennent pas plus les eaux que les vents et ne régulent plus les ponts thermiques et thermodynamiques terre-atmosphère. Il faut se rappeler que non seulement des centaines de millions d’arbres ont été abattus au remembrement, mais que les exploitants et les collectivités continuent à s’acharner depuis 50 ans à détruire 500 km de talus (soit 250 mille arbres) par département et par an.

– Surproduction, suralimentation, gaspillage, Surpopulation mondialisée par les phénomènes migratoires, malnutrition et obésité : Par exemple, il y a 50 ans il y avait plus de 1500 de variétés végétales en aliments de base, actuellement il n’y en a plus que 200, et les lobbies tentent d’interdire ou de taxer tout ce qui n’est pas diffusé (et empoisonné) par eux…

Il n’y a pas que les scientifiques qui sonnent le tocsin depuis 50 ans : « (…) Le châtiment a déjà commencé, mais, dans sa bonté, Dieu frappe les localités successivement.  Que les fléaux actuels vous donnent à réfléchir, sinon le ciel purgera par de plus grands cataclysmes, plus généralisés (…) » (Apparition de Kérizinen, 21 Novembre 1957 au sujet du climat / Réf. jerUSAlem de Hildegarde Gap, éd. Godefroy de bouillon).

En résumé : l’immoralité et la démence d’une société qui, pour un peu d’argent et de confort, n’hésite pas à tuer Terre et Mer… Mais Pourquoi se lamenter ? Ce n’est pas pour ça que l’on fait des enfants, mais, après tout, c’est quand même pour les responsables que l’on vote, les yeux fermés…

Dr Jean-Claude Jestin

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