Tout l’égout dans la Nature…

 

En Côtes d’Armor, l’extension du tout à l’égout est programmée en zone rurale.

Pourquoi ? On veut nous faire croire que c’est pour lutter contre la pollution littorale. FAUX : En effet, l’Assainissement individuel (ANC) est au point, la majorité des installations rurales est conforme, et aucune justification autre que redevances, marchés publics et spéculations qui, elles, sont durables, ne semble justifier cette mutation vers l’assainissement collectif que l’on impose sans enquête, sans étude d’impact, ni concertation…

En réalité, le choix de terrasser les campagnes jusque dans les secteurs sourciers et humides est motivé par l’intention d’urbaniser le cœur des campagnes, quitte à ruiner le caractère rural et paysager de notre région.

Il y a un autre danger : les sources ! En effet, les installations de refoulement d’eaux usées sont implantées logiquement en point bas et impactent invariablement ces zones sensibles.

Beaucoup de sources sont même des anciens points de captage. De ce fait, le potentiel hydrologique et la situation de nombres de zones humides et sourcières exceptionnelles devrait engager des démarches en D.U.P.  ou en périmètre de protection rapprochée de prélèvement d’eau définis en application de l’article L 1321-2 du Code de la santé publique, plutôt que des projets irréfléchis, inadaptés et potentiellement désastreux.

Un ex cadre de SUEZ ENVIRONNEMENT a confirmé notre constat : Le terrassement du plateau nourricier capte la nappe phréatique le long des buses, ce qui d’un côté participe au drainage intempestif de zones humides et, de l’autre, perturbe l’hydrologie souterraine sur de larges territoires jusqu’aux points de relevages. Les sur-verses consécutives aux débordements d’origines pluviales et aux drainages parasites contaminent donc sources et ruisseaux, ce qui ruine définitivement leurs potentiels salubres.

             

Percement d’une cavité sourcière, Tout à l’égout, Craca, vers NATURA 2000, Plouézec 2012

   

Toutes les nappes et leurs points de collectes sourciers sont ainsi peu à peu obérés par les eaux usées. De plus en plus de têtes de bassins sont ainsi pollués et désormais inexploitables, et deviennent autant de ramifications souillées par le réseau d’assainissement collectif, lui-même saturé par l’extension inconsidérée du réseau. Passez-moi l’expression : Le serpent de merde se mord la queue…

Cette politique du « tout tuyau » incluant le « tout à l’égout rural » est donc opposée aux objectifs de qualité des eaux du SAGE. Suite à notre intervention, Le SDAGE a d’ailleurs retenu dans ses pistes d’actions de « ne pas développer l’assainissement collectif là où l’assainissement non collectif apporte des solutions » (forum de l’eau Vilaine et côtiers breton, 26 déc. 2012). Ceci est d’autant plus indiqué que la pollution se révèle de plus en aux niveaux des réserves d’eau potable et au réseau qualifié « d’eau courante ». Il est donc d’autant plus crucial de préserver cette multitude de points sourciers qui ont abreuvé l’humanité depuis la nuit des temps, mais qu’on renie pour une politique discutable conspirée par des groupes d’intérêts…

Puisque nous sommes en Côtes d’Armor, la plupart de ces projets à potentiel de nuisance sont situés en zone littorale (NL) liées à NATURA 2000, et il s’avère que les études d’impacts préalables au titre NATURA 2000 ne sont pas diligentées. De même sont occultées les conséquences aux plans sanitaire et toxicologique pour le monde aquacole et celui de la pêche…

 Tout à l’égout en pleine source à Kertanguy, vers NATURA 2000, Penhoat, Plourivo 2012

Tant que les robinets de VEOLIA resteront ouverts pour les signataires de ces marchés publics, il nous paraît vain d’alerter pour stopper d’urgence tout déploiement de l’assainissement collectif en zone rurale et ce au profit de l’ANC dont il n’a jamais été établi, contrairement aux rejets collectifs et agricoles, la responsabilité dans le désastre sanitaire qui obère notre littoral depuis quelques années, et que trop de responsables encouragent à tout prix, et quel qu’en soit le prix pour nous et les générations futures.

(cf. article : « Blanchiment des eaux sales » sur le site messagedislande.org)

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