Le Béton-Âge des zones humides

Un média rapporte qu’une assemblée locale de propriétaires fonciers se désole de ne pouvoir livrer ses terres à la construction : 50 ha en moins, déplore t-on. Mince ! Seulement !

Plumes et poils peuvent encore  couronner leurs royaumes d’eau et de bois, mais pour combien de temps ? Bêtes et arbres ne votent pas, ne possèdent rien ; ils ne servent à rien, mais ne font que nous donner, et nous ne faisons que prendre…

On aurait pu croire à un complot de promoteurs ou bien une messe noire servie par Poclain et Ferguson. En effet, quel breton oserait spéculer sur ses landes dans un contexte planétaire aussi dramatique ? Hélas, nous sommes bel et bien en Bretagne. L’exemple méridional semble servir plus de modèle que de leçon. Le réchauffement phocéen embrase nos côtes. Je rêve d’un jumelage Corse…

Le Moyen-Âge non plus  ne s’était pas plus soucié de son présent que de nos lendemains : Associé au fer et au feu, il a arasé des millions d’hectares, pollué avec les métaux, le charbon et les déchets, et puis un jour la nature a toussé, et alors une grande famine s’est installée, et son cortège de guerres et de maladies s’est répandu sur toute l’Europe. Il fallait parfois, pour survivre, manger l’ancêtre, dévorer le petit Poucet ; on allait même jusqu’à se disputer aux soldes des morts et des pendus !

Mais après qu’il y eut suffisamment de millions et millions de victimes pour oublier que c’est possible, que la nature eût repris haleine, l’énergie fossile a permis de la rejouer en pire…

Nous sommes à ce jour des milliards de puces à sucer la Terre, juste assez bêtes pour concevoir des méthodes redoutables et assez méchantes pour inoculer des poisons violents. La planète retient son rhume.

Les humains semblent toujours pressés de détruire tout ce qui peut embellir leur vie et lui donner un sens. Cette planète qui leur apporte tout, qui leur offre la Lune, ils la sacrifient par égoïsme et convoitise, pour le plaisir aussi, tant qu’à défaire…

On pense qu’il y a 5 continents sur la Terre, mais on oublie celui qui les englobe et les abreuve. Ce 6ème élément est un immense jardin plein de sources, de fleurs et de fruits. C’est seulement quand on le soigne que la vie commence à jaillir d’abord avant de se répandre à la Terre entière. Ce continent, c’est notre cœur.

En fait, le véritable état de catastrophe naturelle, celui que la loi ignore et suscite à la fois, il est là, au sein de  ces assemblées et de leurs cœurs avides et asséchés, d’où se déverseront tous les poisons, toutes les inondations et toutes les coulées de boues.

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