Marée salie

Promenons-nous dans les lois, pendant que le pou n’y est pas.

Allons sur le littoral breton, côté de Pors Even: Édifiant. On tombe sur des cabanes de jardin qui ont été transformées (en douce) en maisons d’habitation pieds dans l’eau. En un an, on a même vu une cabane à trier les huîtres se métamorphoser en villa sur le secteur de Pors Don. L’ostréiculteur concerné, comme de juste, se croit obligé d’abuser de l’espace de travail qu’on lui alloue et d’étendre ses prérogatives avec ses parcs. Les pèquenauds de terre, eux, doivent aller au boulot, comme à la plage, à pied à cheval en camion ou en chariot élévateur. Et pour changer un carreau il faut une autorisation.
Quant aux retraités qui ont un terrain sur la côte, eux aussi violent tranquillement une loi qui ferme les yeux en écartant les jambes. Tout le monde s’y met ; de toute façon, y a pas de raison, la loi étant violée derrière chaque fourré.
Où sont les permis et les passe-droits pour violer la loi de protection du littoral ? Est-ce prévu dans la GIZC ? Oui, puisqu?on ne dénonce pas cette anarchie qui sévit depuis au moins vingt ans. Un peu de patience et ce sera une servitude indéboulonable. Notre magnifique hameau de Kerroch? (maisons du 17è siècle) est en sursis, n’en déplaise au tourisme.
Ils vont le bousiller, avec l’aval de la mairie, à moins que, à l’instar du courageux maire de Plougastel, Madame le Maire n’ait le courage d?assainir sa gale débutante.
Évidemment, égouts et tuyaux d’évacuation, direct à la mer… comme le camping voisin, si ça se trouve. Et puis qu’est-ce que ça peut faire, puisque la station d’épuration n’a qu’une capacité virtuelle pour épurer une zone côtière surpeuplée (mais faut pas dire). Autant chier sur son lieu de vie. Ainsi, deux marées sales se mêlent. Un scandale écologique de plus ou de moins… et puis la meilleure façon d’accentuer le désastre, c’est de ne pas nettoyer devant chez soi.

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